La première exposition universelle se tint à Londres en 1851. Elle s’inspira des précédentes expositions industrielles nationales de France et d’Angleterre. Son but était d’exposer dans un même lieu les nouvelles prouesses techniques issues de la révolution industrielle. Dans une ambition politique, une telle exposition d’artéfacts et de machines soulignait la grandeur et l’avancée technique des nations.

L’intérieur des premiers bâtiments donna beaucoup de soucis aux constructeurs. On voulut mettre dans l’architecture même l’expression des avancées techniques avec le fer et l’acier, et lui donner des aspects industriels. Si aujourd’hui nous louons la technique, à cette époque, le public ne l’appréciait pas. On soutint par exemple que le « Palais Omnibus » de l’exposition de 1867 à Paris n’avait rien d’un palais. Les bâtiments suivants redoublèrent donc d’efforts pour être plus monumentaux et avoir des allures plus classiques ou baroques. On cacha nombres d’éléments en fer ou en fonte avec des fresques ou des panneaux de bois décorés, voire avec des murs en pierre. C’est ce qu’on peu voir sur la gravure du Palais des industries diverses de 1889 en bas de l’article.

En parallèle naissaient les premières théories d’architecture d’intérieur. Elles furent mises à profit pour construire ces palais. Il fallait en plus penser à l’agencement interne des espaces pour faciliter la visite de milliers, puis de millions de visiteurs. En 1878, le sénateur commissaire général J.-B. Krantz expliquait qu’ « il fallait donner à nos édifices toute l’élégance qu’ils comportaient et pour cela s’intéresser avec soin […] [aux] ornements qui pouvaient le mieux en faire ressortir les dispositions ou en dissimuler les faiblesses, leur trouver un vêtement approprié à leur caractère et à leur destination ». [1]

Aujourd’hui encore, et pour des expositions de moins grandes envergures, comme celles disponibles dans les musées, les architectes d’intérieurs sont sollicités. Ils réhaussent et font communiquer entre eux les objets exposés, et pensent à la circulation de ceux qui profitent de l’exposition.

 clip_image002 source : le Musée des arts décoratifs de Paris : https://madparis.fr

Cet article s’inspire de celui de Joan Molet i Petit, “L’architecture des expositions universelles, miroir de la diversité stylistique au XIXe siècle”, PUP, 2011.


[1] Rapport administratif sur l’exposition universelle de 1878 à Paris, t. 1, Paris, Imprimerie Nationale, 1881.

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