La juste appréhension de l’espace semble aller de soi. Vraiment ? Et si nous allions un peu plus loin dans ce que nous appelons « l’anthropométrie » ?

Une des difficultés que rencontre l’architecte d’intérieur, au-delà des limites de constructions déjà présentes dans l’espace qu’il réhabilite, c’est la difficulté d’adapter ses conceptions à une échelle humaine. On oublie trop souvent à quel point le sens de la mesure par rapport à l’homme est fondamental quand on envisage de créer un espace pratique. Beaucoup d’œuvres architecturales sont de véritables monuments, bien au-delà de ce dont un être humain normalement constitué a réellement besoin.

Il convient donc de toujours concevoir l’espace étudié comme un espace occupé par l’homme. Mais aussi de prendre en compte jusqu’à la taille du client !

Cette considération peut paraître étrange. Mais il faut la contextualiser spatialement. Construisons une maison qui ne serait pas à la bonne taille. Elle mettrait en scène des environnements - cuisine, salle de bain etc – à une échelle bien plus grande que celle à laquelle nous sommes habituée. La référence choisie serait celle d’un enfant de deux ans. Autrement dit, la maison vue par un enfant de deux ans. Le dépaysement serait à l’œuvre, tout comme une certaine incapacité à utiliser son environnement. C’est ce qu’ont fait les architectes suisses ayant élaboré le Svizzera 240 House Tour, un appartement lauréat du Lion d’or de la seizième biennale internationale d’architecture de Venise en 2018, jouant sur la norme du 240 centimètres.

Avoir la juste mesure des choses, c’est donc un aspect primordial du travail de l’architecture d’intérieur. Prendre en compte la taille comme les capacités motrices amène à penser un espace à la logistique différente. L’on sort ainsi de la « taille unique » proposée par les grandes chaînes d’ameublement pour entrer dans du « sur-mesure » qui fait vraiment la différence. Par ailleurs, le travail fourni ne se voudra pas juste pratique mais aussi esthétique. Ce qui peut peut-être soulager quelques complexes (le fauteuil montant et descendant l’escalier peut être inséré avec un aspect moins hospitalier pour les personnes âgées par exemple).

L’homme devient donc la mesure, d’où le terme anthropométrie (du grec anthrôpos l’homme et metros, la mesure). Il est vrai que ce terme renvoie surtout à une dimension judiciaire. Mais dans son étymologie, c’est surtout un changement de référentiel. Un référentiel qui change et permet de vivre avec facilité, et que l’architecte d’intérieur sait manipuler.

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source : https://www.archionline.com/blog/appartement-disproportionne/

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