Evidemment, en architecture intérieure, on pense murs, sols, lumières, meubles, matières. En d’autres termes, on pense du physique. Mais on oublie très souvent que l’architecture intérieure dépend aussi du non-physique, de ce qui n’existe pas : du vide. Il ne faut pas partir du principe que ce qui n’existe pas n’a pas d’utilité. Comme le rappelle Philippe Robert, architecte et urbaniste, « L’espace architectural n’est autre que le vide qui relie et enveloppe les volumes qui composent un édifice ou une ville. Il agit comme un révélateur de formes ». Sans vide, il n’y a pas de portée pour notre regard.
En ce sens, le vide devient une matière tout aussi malléable que les autres, qui entre en contact avec les autres et qui leur répond. L’architecte d’intérieur peur s’en saisir. Le style minimaliste qui regagne en popularité ces dernières années s’appuie d’ailleurs grandement sur la manipulation du vide : « less is more » (Ludwing Mies van der Rohe,1947).

Toutefois, manipuler le vide n’est pas si simple. Déjà, le concevoir comme un élément malléable n’est pas aisé : sûrement que sans la lecture de notre article, vous n’y auriez pas pensé. On ne peut donc pas s’improviser architecte d’intérieur sur ce domaine. Fort heureusement, le traitement du vide n’échappe pas à la formation des architectes comme des architectes d’intérieur. Cela fait partie de leur formation, et vous pouvez ainsi entièrement compter sur leurs talents.

C’est ce que notre architecte d’intérieur Catherine Boisdon a par exemple mis en œuvre dans des bureaux installés au sein du quartier de la Bibliothèque François Mitterrand. Sur la photo, vous pouvez voir la rénovation des bureaux en question. Le second étage est occupé par des salles de travail avec des baies vitrées donnant sur l’extérieur et l’intérieur, afin de laisser le vide circuler sans qu’il soit interrompu par un mur. C’est ce qui donne le sentiment de circuler dans un espace ouvert et aéré. Le style minimaliste permet d’apprécier les lignes du parquet : le regard se porte au loin, ce qui produit encore une fois une impression d’espace. Dans ces bureaux, le vide est au centre de la réhabilitation : l’architecte d’intérieur a fait en sorte que les matières le laisse les traverser. C’est une bouffée d’air invisible qui s’engouffre par la fenêtre à droite et se propage.

Pour voir l’intégralité du projet : http://m2-scene.com/Home/Project?project=6

clip_image002Crédit photo : Mise en scène m²

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