Entre Rena et Hermès, c’est une longue histoire. Une histoire de carrière, oui. Une histoire de rayonnement, certainement. Une histoire d’amour aussi.

Rena Grégoriadès naît en Grèce, à Athènes, en 1937. Dix-huit ans plus tard, la voici à Paris, à l’Ecole Nationale des Arts Appliqués et des Métiers d’Art dans laquelle elle se forme en architecture d’intérieur. C’est son frère, lui-même architecte, qui l’a poussée dans cette voie. Elle poursuit ensuite sa formation en Grèce et aux Etats-Unis.

En Grèce, elle rencontre son futur époux, Jean-Louis Dumas, le président d’Hermès. Ce dernier lui laisse son entière liberté de travailler sur de nombreux projets et de nombreux continents, quand l’émancipation de la femme faisait encore objet de débat. En 1972, elle fonde son agence Rena Dumas Architecture Intérieure (RDAI). Au titre de ses meilleurs clients ? La société Hermès. Toutefois, il ne s’agit pas tant de favoritisme que de la symbiose qu’elle entretient avec les valeurs de la marque : essentialité, noblesse, poésie. Elle signe plus de 250 boutiques à travers le monde, dont l’extension des Galeries Lafayette situées rue du Faubourg Saint-Honoré en 2007.

Malgré ces grands projets et sa grande présence dans l’industrie du luxe, Rena « n’aime pas attirer l’attention[1] ». Elle reste une femme humaine et discrète, ce qui rend ses réalisations d’autant plus resplendissantes.

Pour élargir ses horizons, elle conçoit aussi une série de mobilier pliant pour La Redoute en 1998 et la création de l’entière Maison Hermès à Séoul en 2006. Ce projet annonce une nouvelle direction vers l’architecture en tant que telle – mais toujours alliée à sa formation principale d’architecte d’intérieur – et vers les commandes publiques.

clip_image002Cette grande figure nous quitte en 2009, laissant derrière elle quelques trois cents magasins, sièges sociaux et autres réalisations dans lesquelles elle fit briller cette façon qu’ont les hommes de vivre leurs espaces.

Source image : https://i.pinimg.com/originals/9c/af/99/9caf998e34f0f8c89d0f4d9ff4dbb321.jpg


[1] Cité par L. Salmon dans Les Echos, 12 octobre 2007, « Rena Dumas : l'aura d'une anti-diva ».

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